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Transport de groupe bas-carbone pour événements d'entreprise : le guide

Publié le Mis à jour le 7 min de lecture

En bref. Le transport représente 60 à 80 % de l’empreinte carbone d’un événement. Le levier le plus efficace est le regroupement : un autocar émet environ 29 grammes de CO2 par passager et par kilomètre, contre 218 grammes pour une voiture thermique. Transporter 50 participants ensemble plutôt qu’en voitures individuelles divise l’empreinte du déplacement par un facteur proche de cinq.

La question environnementale n’est plus périphérique dans l’organisation d’un séminaire ou d’un événement d’entreprise. Près de 77 % des entreprises tiennent aujourd’hui compte de l’impact environnemental de leurs événements, contre environ 20 % en 2016, et une large majorité intègre désormais des critères RSE dans ses cahiers des charges. Voici ce qui compte réellement, et ce qui relève de l’affichage.

Pourquoi le transport concentre l’essentiel de l’empreinte

Sur un événement d’entreprise, on pense spontanément au buffet, aux goodies ou au papier. La réalité est ailleurs : le transport des participants pèse 60 à 80 % du bilan carbone total d’un événement. Agir sur la restauration ou la signalétique sans toucher au transport, c’est optimiser à la marge en ignorant le poste principal.

Ce constat a une conséquence pratique : la décision qui pèse le plus n’est pas le choix du traiteur, c’est la façon dont les participants se rendent sur place.

Les chiffres à connaître, par mode de transport

Les ordres de grandeur officiels permettent de comparer sans approximation.

Mode de transportÉmissions par passager et par kilomètre
Autocarenviron 29 g CO2
Voiture électrique (fabrication incluse)environ 103 g CO2
Voiture thermique (fabrication incluse)environ 218 g CO2

Un autocar émet donc environ cinq fois moins de CO2 par personne qu’un déplacement en voiture individuelle. Sur les longues distances, la SNCF chiffre l’autocar autour de 38 grammes de CO2 équivalent par personne et par kilomètre, un ordre de grandeur cohérent.

À noter pour la voiture électrique : en usage seul, hors fabrication du véhicule, elle descend à 15 à 25 grammes de CO2 équivalent par kilomètre grâce au mix électrique français. C’est ce qui rend pertinent l’usage de berlines électriques sur les trajets courts et les transferts individuels, là où l’autocar n’a pas de sens.

Les quatre leviers réellement efficaces

1. Regrouper plutôt que disperser. C’est de loin le levier numéro un. Faire venir 40 personnes en un seul autocar plutôt qu’en vingt voitures ne réduit pas l’empreinte de quelques pourcents, il la divise. Ce levier a l’avantage d’être aussi le plus économique : le coût par participant passe sous les 20 euros par jour à partir d’environ 36 passagers. Le choix du bon format se joue selon la taille du groupe, un sujet détaillé dans notre guide berline, van ou autocar.

2. Choisir un lieu accessible en train. La tendance est nette : la part d’entreprises privilégiant des destinations accessibles en train est passée de 67 % à 86 % en un an. Un séminaire à Nantes plutôt qu’à l’autre bout du pays, avec une arrivée groupée en gare puis une navette locale, réduit mécaniquement l’empreinte totale.

3. Optimiser les rotations. Un véhicule qui roule à vide entre deux services émet autant qu’un véhicule plein. Le dimensionnement et la synchronisation des rotations évitent les trajets inutiles. C’est un travail de coordination, pas de technologie.

4. Privilégier l’électrique là où c’est pertinent. Sur les berlines et les vans qui assurent les transferts courts, l’électrique est aujourd’hui une réalité opérationnelle. Sur l’autocar de grande capacité, la situation est différente, et il faut être honnête sur ce point.

Autocar électrique : où en est-on vraiment ?

C’est le point où beaucoup de communications sont approximatives. L’autocar électrique existe, mais il reste marginal en location touristique et événementielle, pour une raison économique simple : un autocar électrique coûte environ le double d’un autocar diesel à l’achat, dans un secteur dont le taux d’endettement moyen dépassait 140 % en 2024.

Les alternatives réellement déployées aujourd’hui sont ailleurs :

  • Le bioGNV, gaz naturel d’origine renouvelable, adopté par plusieurs opérateurs régionaux sur des flottes conséquentes.
  • Les motorisations Euro VI récentes, nettement moins émettrices que les générations précédentes, et déjà majoritaires dans les flottes renouvelées.
  • L’hydrogène, encore expérimental et concentré sur les réseaux urbains.

Le cadre réglementaire pousse dans cette direction : la fin des bus urbains thermiques neufs est fixée à 2030 dans le cadre du Pacte Vert européen, et celle des voitures thermiques neuves à 2035.

Ce qu’il ne faut pas promettre

La réglementation se durcit sur les allégations environnementales. La directive européenne Green Claims sanctionne les mentions de type “neutre en carbone” non démontrées, et la norme ISO 20121 sur les événements responsables a été actualisée en 2024.

Concrètement, pour un prestataire comme pour un organisateur, cela signifie qu’il vaut mieux annoncer une flotte partiellement électrique et un engagement de regroupement que revendiquer un “transport 100 % vert” qu’un autocar diesel dément immédiatement. Une promesse mesurée et tenue vaut mieux qu’une promesse forte et invérifiable, en particulier face à un acheteur qui demande des justificatifs.

Ce qu’attendent réellement les acheteurs en 2026

Un point d’honnêteté sur la hiérarchie des critères. Si 84 % des entreprises intègrent des critères RSE dans leurs cahiers des charges, la RSE arrive en septième position parmi les critères de choix effectifs, citée par environ 28 % des décideurs, loin derrière la localisation (89 %) et le budget (83 %).

La lecture correcte est donc la suivante : le bas-carbone est un critère différenciant, pas un critère principal. Il fait gagner à qualité et prix comparables, il ne compense pas une logistique approximative ou un budget hors cadre. En revanche, sa progression est rapide et régulière, ce qui en fait un investissement pertinent à moyen terme.

Un tiers des organisateurs réalisent aujourd’hui toujours ou souvent un bilan carbone de leurs événements. Pouvoir fournir une estimation d’émissions par trajet devient un service attendu, pas encore exigé.

Comment estimer l’empreinte de votre événement

Le calcul de base est accessible sans outil complexe :

Émissions = nombre de participants × distance aller-retour en kilomètres × facteur d’émission du mode

Pour un séminaire de 60 personnes venant en moyenne de 80 kilomètres :

  • En voitures individuelles avec 1,5 personne par voiture : environ 1 400 kg de CO2
  • En deux autocars : environ 280 kg de CO2

L’écart est de l’ordre de 1,1 tonne de CO2 sur un seul événement, pour un budget transport généralement inférieur en autocar. C’est le type de chiffre qui a sa place dans un bilan RSE, et qui se calcule en cinq minutes.


Sources des données chiffrées : données d’émissions du ministère de la Transition écologique (2023), travaux du Shift Project relayés par l’ADEME sur l’empreinte carbone des événements, 32e et 33e études annuelles Coach Omnium sur le tourisme d’affaires, données sectorielles FNTV Pays de la Loire (2025). Les ordres de grandeur indiqués sont des moyennes et varient selon les configurations réelles.

FAQ

Questions fréquentes

Quel est le mode de transport le moins émetteur pour un groupe ?

L'autocar, avec environ 29 grammes de CO2 par passager et par kilomètre. Il devance largement la voiture électrique (environ 103 grammes) et la voiture thermique (environ 218 grammes), fabrication incluse. Le train reste inférieur sur les longues distances, l'autocar prend le relais sur le dernier segment.

Existe-t-il des autocars électriques disponibles à la location pour un événement ?

Ils existent mais restent rares en location événementielle, principalement en raison d'un coût d'acquisition environ deux fois supérieur à celui d'un autocar diesel. Les alternatives bas-carbone réellement disponibles sont le bioGNV et les motorisations Euro VI récentes.

Le transport représente-t-il vraiment la majorité de l'empreinte d'un événement ?

Oui. Les travaux de référence sur le sujet situent la part du transport entre 60 et 80 % du bilan carbone total d'un événement. C'est donc le premier poste sur lequel agir.

Peut-on annoncer un événement neutre en carbone ?

La prudence s'impose. Les allégations environnementales non démontrées sont désormais encadrées au niveau européen. Mieux vaut communiquer sur des actions concrètes et mesurables, comme le regroupement des trajets ou la part de véhicules électriques mobilisés.

Le critère environnemental pèse-t-il dans le choix d'un prestataire de transport ?

Il progresse rapidement mais reste secondaire face à la localisation et au budget. Il est cité par environ 28 % des décideurs. C'est un différenciateur à qualité et prix comparables, rarement un critère éliminatoire.

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